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« …quelle part reste-t-il aux
citoyens de ces fabuleuses richesses collectives… »
« …ces entreprises utilisent
l’appel d’offre pour développer leurs compétences dans cette
filière en plein essor, elles n’ apportent rien du tout au
Québec. Leurs tarifs ne sont pas concurrentiels… »
« …le coût de production issu de
l’appel d’offre de 1000MW est de
30% plus cher que le prix chargé par 3Ci à Murdochville, ce qui
est inacceptable… »
« …dans les faits l’économie
locale ne ramasse que les miettes… »
« …les éoliennes, considérées
comme de simples outils de production
ne rapporte aucun impôt foncier… »
« …toutes les autres ressources
naturelles amènent des redevances, le vent ne nous rapporte que
de l’air… »
« Baie-des-Sables et Saint-Ulric
ont obtenu quelques dizaines de milliers de dollars pour le parc
de 100 MW érigé par Cartier-Énergie. A Murdochville, ou la
qualité des vents, et donc la rentabilité, est exceptionnelle,
le Groupe 3CI ne verse aucune redevance èa la ville pur ses deux
parcs totalisant plus de 100 MW. »


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Découlant de ces « fabuleuses
richesses », on peut citer les retombées économiques, les prix
unitaires sans subvention, l’apport des technologies de pointe
et des prix concurrentiels pour les consommateurs. Par ailleurs,
notons que le prix moins élevé pour l’achat de gré à gré entre
3Ci, Axor et Hydro-Québec Production à Murdochville, Matane et
Cap-Chat ne comportait pas d’exigences quant au contenu
québécois et encore moins gaspésien des éoliennes.
Retombées économiques.
Les appels d’offres de 2005 pour
la Gaspésie et de 2007 pour l’ensemble du Québec ont été conçus
de manière à maximiser les retombées économiques en Gaspésie
durement éprouvée ces dernières décennies par les problèmes des
industries de la pêche, des mines et des forêts. Le
développement éolien constitue à n’en pas douter, un nouveau
poumon économique pour cette région qui affiche toujours le plus
haut de chômage au Québec.
- On a prévu (l’appel du 1000MW) un contenu
régional minimum de 40% qui atteindra 60% dès la 4ième
année. Investissements prévus en Gaspésie : 1,6$ milliard.
(2$ millions par MW x 990MW 1,980$ Milliard x 60% 1,118$
milliard + 430$ millions ligne HQ en Gaspésie = 1,618$
milliard.) Pour le deuxième appel d’offres de 2,000 MW dont
les gagnants seront connus en septembre 2007, les promoteurs
devront faire en sorte qu’au moins 30% du coût de
construction de leurs parcs soit dépensé dans leur région
d’accueil et que le coût de construction de l’ensemble du
parc affiche au terme du projet, un contenu québécois d’au
moins 60% pour cent. Les deux appels d’offres de 1000MW et
de 2000MW lancés en 2003 et 2007, devraient générer des
investissements de 4,9$ milliards. Source : L’énergie pour
construire le Québec de demain –La stratégie énergétique du
Québec 2006-2015 p. 31-32
- Il n’existe aucun endroit à notre
connaissance en Amérique du Nord, où l’État est intervenu
avec autant de conditions, notamment quant au contenu
régional. Signalons que la Chine, avec une cible arrêtée
récemment de 30,000 MW à l’horizon 2020, s’est fixée un
objectif de 70% de contenu chinois. Avec 1000 MW d’un
premier appel d’offres le Québec avait déjà fixé la barre à
60% de contenu gaspésien. Il s’agit d’un exploit qu’il
convient de souligner.
- Grâce à cette politique gouvernementale
instrumentée par Hydro-Québec Distribution dans le cadre de
son processus de soumissions, plus de 430 emplois
manufacturiers et permanents associés à l’industrie éolienne
ont déjà été créés en Gaspésie. Ainsi LM Glasfiber de Gaspé
fournit de l’emploi à 249 travailleurs, Marmen à Matane à
150 dans ses deux usines de fabrication de tours et
d’assemblage de nacelles auxquels il faut ajouter les 75
emplois de Composite VCI. L’industrie manufacturière peut
compter qu’au cours de la période 2006 et 2008, de 100 à
200MW seront installés chaque année pour des investissements
de l’ordre de 145 à 290$ millions annuellement. A compter de
2009 et jusqu’en 2013, plus de 4050 MW seront installés
chaque année pour des investissements supérieurs à 650$
millions annuellement.
- Avec l’objectif avoué de 4,000 MW à
l’horizon 2015 l’industrie éolienne aura alors injectée plus
de 5,8$ milliards d’investissements au Québec. On estime que
plus de 45,000 emplois (en années-personnes) directs,
indirects et induits auront été créés ou soutenus pour la
phase de construction, incluant la fabrication des
éoliennes. Auxquels devrait se rajouter de l’ordre de 26,400
emplois (en années-personnes) directs, indirects et induits,
créés ou soutenus, durant la phase d’exploitation des parcs
éoliens sur une période vingt ans. Source : Le développement
de l’industrie éolienne au Québec, Association Canadienne de
l’Énergie Éolienne, mai 2006.
- Jamais dans le passé, le monopole d’État
n’est allé aussi loin en matière de développement régional
dans le cadre de soumissions publiques pour produire de
l’électricité. Plus spécifiquement, jamais Hydro-Québec ou
sa filiale Hydro-Québec Production n’ont historiquement été
soumises à une contrainte de 60% de contenu régional, pour
la construction de leurs centrales hydroélectriques,
nucléaires ou thermiques comme c’est le cas actuellement
avec la mise en place des premiers parcs éoliens.
- Le loyer sur les terres du domaine de
l’État perçu par le MRNF pour les éoliennes est le suivant :
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Loyer annuel |
Capacité de
l’éolienne |
| 1300$ |
0,75 MW |
| 1700$ |
1,00 MW |
| 2400$ |
1,5 MW |
| 2900$ |
1,8 MW |
| 3200$ |
2 MW |
| 4000$ |
2,5 MW |
Ces loyers sont indexés
annuellement et leur valeur marchande est revue à tous les
cinq ans.
- La stratégie québécoise mise en place par
les gouvernements du Parti Québécois et poursuivi par
l’actuel gouvernement du Parti Libéral du Québec mise
essentiellement sur la concurrence et la coexistence entre
les intervenants du marché, qu’il s’agisse de développeurs
privés, de coopératives, de Nations Autochtones ou de MRC.
- Pour ce qui est des redevances payées aux
agriculteurs le portrait est beaucoup plus contrasté. Chaque
contrat est signé individuellement entre le propriétaire du
terrain et le développeur d’un parc éolien. A des fins
d’illustration nous prendrons l’exemple type d’un
propriétaire de Baie-des-Sables non loin de Matane qui a
signé un acte superficiaire avec Cartier énergie éolienne.
En fait il s’agit non pas d’un achat de terrain, mais d’une
servitude permettant l’implantation d’une ou de plusieurs
éoliennes. Le propriétaire du terrain recevra 1500$ dollars
par éolienne et par année pour une durée de 20 ans. De plus
il recevra 35$ dollars par hectare. Par exemple si la
superficie totale de la propriété représente 42 hectares, il
recevra 42 fois (x) 35$ soit 1470$ dollars. Donc au total
par année et pendant 20 ans, il recevra 1500$ + 1,470$ soit
environ 3,000$, toujours pour l’implantation d’une seule
éolienne.
Le parc de Baie-des-Sables
est le premier parc issu de l’appel d’offres de 1000 MW. Il
a début sa production en décembre 2006. Il est situé dans la
MRC de Matane et avec ses 73 éoliennes il offre une capacité
installée de 109,5 MW.
- En outre, à la signature de l’acte
superficiaire le propriétaire recevra un bonus de 1000$ par
éolienne. Quant aux redevances elles doivent être
« nettes. » Par exemple si les taxes municipales ou les
primes d’assurance augmentent suite à l’arrivée des
éoliennes c’est le producteur d’électricité qui paiera la
différence afin que l’agriculteur ne soit pénalisé d’aucune
façon par l’implantation des éoliennes. De même s’il y a du
bois dans l’espace réservé aux éoliennes et aux chemins
d’accès, l’agriculteur est payé pour le couper, peut le
vendre à son profit et le bois est payé à sa pleine valeur
comme s’il s’agissait d’un bois ayant atteint sa maturité.
Lorsqu’il s’agit d’une terre en culture, il peut continuer,
si les conditions s’y prêtent à la cultiver.
- Enfin pour les dommages permanents
(superficie occupée par l’éolienne et chemin d’accès)
l’agriculteur reçoit 600$ l’acre soit l’équivalent de la
valeur marchande des lots à Baie-des-Sables. Au final, selon
un agronome de la région, l’agriculteur reçoit de 8 à 10
fois le montant qu’aurait rapporté la même superficie si
elle était restée sous culture. Précisons qu’une éolienne de
1,5 MW peut alimenter l’équivalent de 400 foyers québécois.
Elle occupe normalement un espace de 600 mètres carrés.
- En février 2007 le gouvernement du Québec
annonçait que les redevances minimales payées aux
propriétaires de terrains seraient désormais de 2,500$ le
mégawatt installé. De plus elles seraient indexées pour la
durée du contrat.
C’est donc dire que pour une éolienne d’une puissance de 2
MW l’agriculteur recevra 5,000$ par année pendant la durée
du contrat de 20 ans. L’Association américaine estime qu’aux
États-Unis les redevances versées aux propriétaires de
terrains varient pour l’essentiel entre 2000$ et 4000$ par
année par MW installé
http://www.awea.org/newsroom/pdf/Wind_Energy_Basics.pdf
Les propriétaires québécois de terrains qui profiteront du 2ième
appel d’offres de 2000 MW dont les gagnants seront connus en
septembre 2007 seront donc rassurés de recevoir minimalement
près de la moyenne des redevances versées en Amérique du
Nord même si le prix de l’électricité est ici moins élevé
que dans la plupart des autres régions de l’Amérique du
Nord.
Après tous ces avantages il est normal
que le producteur d’électricité qui aurait investi 7 à 8$
millions de dollars pour l’installation de trois éoliennes
par exemple, et pris tous les risques (construction,
intermittence des vents, changements climatiques, coûts
d’opération), puisse éventuellement toucher des revenus bien
supérieurs à ceux touchés par le propriétaire du terrain. Il
en irait de la même façon pour Hydro-Québec ou tout autre
producteur d’électricité pour un centrale conventionnelle.
Dans le cadre de l’appel d’offres de
1000MW d’Hydro-Québec Distribution, voyons ce qu’une
municipalité comme celle de Baie-des-Sables peut recevoir en
termes de redevances. Cette municipalité accueille 61
éoliennes. À 1,500$ l’éolienne, cela représente en revenus
additionnels 91,500$ $ par année. Suivant les ententes
conclues, Cartier énergie éolienne paiera également des
redevances pour l’année de construction. Donc, pendant 21
ans, Baie-des-Sables recevra 91,500$ $ par année en
redevances. A cela il faut ajouter annuellement 25,000$ dont
la municipalité disposera à sa guise pour les organismes
communautaires. Ce montant 116,500$ représentait jusqu’à
l’an dernier, environ le quart du budget de la municipalité.
Cette année la municipalité a entrepris des travaux majeurs
d’infrastructures et vient donc de subir une hausse
appréciable de ses dépenses. Les redevances des éoliennes et
la quote-part accordée aux organismes communautaires
représentent désormais environ 14% du budget de la
municipalité.
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